Poussez doucement l’affaire du bref. Il faut un bref et non pas un décret(1). A dire vrai, je ne suis pas très pressé. Quoique j’aille beaucoup mieux, à ce qu’il me semble, j’ai besoin d’un peu de repos pour hâter ce mieux. Si le bref venait trop vite, peut-être ne serais-je pas en mesure pour le noviciat. Il me semble que les eaux de Lamalou me font beaucoup de bien, mais on m’assure qu’il me faudra deux saisons pour me guérir entièrement. Il me faudra donc revenir vers la fin du mois d’août. Je suis fâché que le progrès de notre petite famille dépende de ma santé, mais il faut voir la volonté de Dieu dans ces événements si opposés à notre volonté propre.
Vous entendrez peut-être parler de l’évêque de Nimes comme d’un gallican. Je vous prie de dire qu’il fait pour nous plus que son prédécesseur n’avait fait et que, somme toute, les réformes qu’il apporte dans son diocèse sont très ultramontaines(2).
Mille souvenirs aimables aux Pères Pierre et Jérôme(3). Adieu. Je vous embrasse tous, surtout le Fr. Ernest. A vous, je baise vos mains consacrées.

