Madame,
Je crois que, pendant quelque temps encore, il sera bon de taire le nom du jeune homme. Du moins, la mère et la soeur paraissent le désirer ainsi.(2) Du reste, je vous écrirai, si vous le voulez bien, de Nîmes, où je serai dans huit jours.(3) J’ai donné à Mme de Boisson les adresses des médecins que je connais à Montpellier. Je suis très lié avec l’inspecteur d’Amélie-les-Bains.(4) Mais est-ce ce qui convient à Mme de Cameyras, si ce que me dit Mme de Boisson est vrai? M. Génieys est un parfait chrétien et bon médecin.
Dès le retour de Monseigneur,(5) je le presserai d’organiser l’oeuvre des tabernacles. Il y tient lui-même énormément; il a pris l’oeuvre tout à fait à coeur.
Moi aussi, dans la solitude de Lamalou, je trouve ravissant de ne rien faire, mais Dieu qui a dit: *Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front,(6) exige tout le travail que nous pouvons lui donner. Et puis, si, quand les méchants font tant de mal, ceux qui sont censés bons se reposent, nous en verrons de belles. Il faut agir sur la terre pour mieux se reposer dans le ciel.
Veuillez agréer, Madame, l’hommage de mon plus respecteux dévouement.

