Touveneraud, LETTRES, Tome 2, p.105

Etre attentif à la présence de Jésus-Christ en nous. -Nouvelles de sa santé. -Intérêt porté à ses deux filles.

Je n’ai pas voulu vous répondre sur-le-champ, ma chère cousine; j’ai pensé que vous préfériez recevoir ma lettre dans votre solitude de Bollène plutôt que dans vos distractions de Nîmes. Oh! que vous avez raison de descendre de la lune, comme vous me le dites si bien! Laissez faire et laissez dire. Attachez-vous sur toutes choses à Notre-Seigneur et ne vous préoccupez pas. Saint Paul disait aux premiers chrétiens: « Examinez-vous. Est-ce que vous ne sentez pas que Jésus-Christ est en vous, à moins que vous ne soyez réprouvés? »(2) Mais si nous devons sentir Notre-Seigneur en nous, pourquoi ne pas nous donner tout à lui, causer avec lui au-dedans de nous, le rendre la vie de notre âme, comme notre âme est la vie de notre corps? L’inconvénient de paraître quelquefois descendre de la lune ne me semble pas tel qu’on ne puisse l’accepter pour établir le commerce de Notre-Seigneur toujours plus intime au fond de nous-mêmes.

Ma santé se rétablit, il me semble, d’une manière assez sensible, et si cela continue ainsi, j’espère avant peu un rétablissement complet. Rappelez-moi au souvenir de votre mari. Je prie du fond du coeur pour que Marie trouve sa place. Je voudrais bien avoir trouvé celle de Thérèse.(3)

Adieu, ma chère cousine. Croyez à mon bien profond et bien tendre dévouement en Notre-Seigneur.

E. D’ALZON.

Je pars demain pour Nîmes.