Merci de votre lettre, ma chère enfant. Je n’avais pas eu de vos nouvelles avant mon départ et j’étais inquiet. Votre lettre me cause une vive joie. Puisque notre Mère et vous avez pu supporter la course tout d’un trait, sans trop de fatigue, j’en suis tout heureux pour elle et pour vous. Soignez-vous donc bien, pendant que vous y êtes; faites la paresseuse, autant que cela vous sera nécessaire.(1)
J’ai dû passer quatre ou cinq jours à Lavagnac, à cause d’une messe dont on avait besoin ce matin. Le repos dont j’y ai joui m’a prouvé que si je passais six mois en solitude complète, je reviendrais à mon élasticité d’esprit d’autrefois. Je vais tâcher que le séjour de Lamalou me soit utile à ce point de vue, je vais me faire ermite.
Priez notre Mère d’offrir mes plus tendres amitiés à M. Mermillod et de lui exprimer tous mes regrets de ne pas le voir. Poussez à Saint-François de Sales.(2) A Mireman, nous sommes complètement ruinés.(3)
Adieu, ma chère fille. A revoir dans six semaines. Mille souvenirs à votre soeur. Vous savez ce que je vous suis.
E. D’ALZON.
Je regrette que Mme Saint-Hélène n’aille pas à Paris.

