Touveneraud, LETTRES, Tome 2, p.131

Sa dévotion au Saint-Sacrement est sienne. -Il l’encourage à suivre les appels de Notre-Seigneur. -Juliette Combié lui semble très découragée. -Une postulante éventuelle.

Je ne puis vous dire, ma chère fille, la joie que me cause la disposition de coeur où vous êtes envers Notre-Seigneur. Votre dévotion au Saint-Sacrement est la mienne, vous le savez, si toutefois j’en ai une.(1) Plongez-vous dans cet abîme d’amour et demandez à être la goutte d’eau que le prêtre mêle au vin du calice, symbole de l’union de l’Eglise et de chaque saint en particulier avec la substance divine.

Soeur Marie de la Croix va mieux, j’ai de ses nouvelles.

Comme vous, je donnerais beaucoup pour causer avec vous. Sacrifions cette satisfaction. Quand Notre-Seigneur nous parle avec tant de force, à quoi bon la parole humaine, sinon pour nous dire d’aller en avant avec confiance. Toutefois, tenez-vous petite et souvenez-vous du temps perdu par votre faute. Ah! si, vous abandonnant par la foi et l’amour à Notre-Seigneur, vous l’eussiez suivi au-delà de l’épreuve, combien vous seriez plus avancée! Réparons le temps perdu.

Juliette m’écrit des lettres très découragées. J’en serais presque blessé après ce que j’ai fait pour elle, s’il m’était évident que ce n’est peut-être pas sa faute. Il y a en elle une certaine impulsion, dont il ne lui faut pas faire un reproche.(2)

On m’a présenté ici une jeune personne de vingt-deux ans pour être Soeur converse; elle a une bonne santé, travaille aux filatures de Bédarieux; elle sait lire, un peu coudre, ne reculerait devant aucun travail pénible. La voulez-vous? Je prierai pour M. Gay, mais j’ai l’espoir qu’il viendra, quoique un peu plus tard. Ma famille revient à la charge pour fermer la maison de Nîmes. Je crois devoir tenir bon.

Adieu, ma fille. Tout vôtre en Notre-Seigneur.