Enfin, j’ai vos lettres.(2) J’étais fort inquiet sur votre compte. Me voilà rassuré, mon cher enfant. Je vous conjure de ne pas me laisser une autre fois sans nouvelles. Vous ne sauriez croire combien vous me préoccupez tous les deux.
Puisque notre petite oeuvre ne peut être fondée sur la pénitence extérieure, il faut qu’elle le soit sur l’humilité, la pauvreté, la prière, la charité, la foi et l’obéissance.(3)
Je vais voir si je pourrai trouver l’argent pour le codex dont vous me parlez;(4) peut-être sera-ce possible, et même je le crois. Tâchez d’être bien avec M. de Vaulchier,(5) faites-lui toutes les tendresses possible de ma part. Le coup qui a frappé l’archevêque n’était pas un coup isolé. Il était annoncé par les sociétés secrètes. J’en savais quelque chose, il y a longtemps; et il y a trois semaines, un républicain a annoncé à un prêtre de mes amis qu’il y aurait plusieurs évêques assassinés. N’oubliez pas les ordos.
Vous ne m’avez pas encore dit qui était le consulteur nommé pour notre approbation.(6) Il me semble que vous êtes un peu lent. Est-ce système arrêté de votre part? Ce serait différent. Il m’est très important de savoir ce que vous pensez du plus ou moins longtemps relatif à l’approbation.(7)
Adieu, mon cher enfant. Mille choses au Fr. Galabert et à M. Chaillot. Tout à vous du fond de l’âme. Demain je reçois les voeux de Frère Cusse. Le professeur de rhétorique et un des professeurs de mathématiques de Clichy nous viennent définitivement.(8) Encore une fois, adieu.

