Ma chère fille,
Merci de votre lettre(2). Je savais déjà par M. de Cab[rières] la réponse sur Nîmes. Ne nous décourageons pas. Si je reste ici, c’est que je crois vous y être beaucoup plus utile pour le moment. Si l’on consent à louer, la question de Monseigneur s’arrangera toute seule. Ainsi ne vous en tracassez pas. Je fais ici pour Monseigneur des choses qui, si elles réussissent, le forceront bien à vouloir ce que je désirai. Obtenons d’abord la location, le reste viendra tout doucement. Si vous n’avez pas écrit à M. Berthomieu, attendez deux ou trois jours; je vais lui écrire d’ici des arguments qui pourront frapper le mieux. Entendons-nous bien. Commençons par obtenir la location de ma famille. Si elle est impossible, inutile de parler à l’évêque; si ma famille consent à louer, je couvre tout de mon nom et l’évêque ne peut rien me refuser. Voilà mon plan qui me semble très simple. Dans tous les cas, comptez que je puis arriver au premier moment à Nîmes. S’il y a urgence, je suis à mille lieues de ne pas le vouloir; seulement, il faut frapper son coup à propos. Que je comprends vos défaillances! Voilà trois ans que je les subis(3).
La supérieure est arrivée avant-hier soir d’Angleterre. Nous préparons diverses choses, dont nous vous ferons part quand il y aura quelque chose de réalisable.
Adieu, ma fille. Tout vôtre en Notre-Seigneur.

