Mon cher ami,
Vous savez nos chagrins avec M. Desaint. J’aurais voulu Cusse qui crache le sang préfet de discipline; sa poitrine eût pu se ménager. Le P. Laurent le refuse. Tant pis pour le P. Laurent qui l’aura malade! Je l’eusse fait ordonner ici plus vite, s’il m’avait(1) lui-même donné cette preuve de bonne volonté, car on l’a consulté. Sur ces entrefaites, je découvre qu’il a des dettes criardes ici, entre autres 200 francs dus depuis dix ans à un cafetier. Cela fait un triste effet.
Je ne vais ni bien ni mal, mais on tire sur moi ces jours-ci. C’est pourquoi je n’écris pas à Hippolyte. Qu’il me tienne au courant de Saint-Fr[ançois] de Sales. Ici j’ai établi l’oeuvre dans un catéchisme de 500 jeunes personnes ou ouvrières. Nous tiendrons Nîmes par là. Dimanche prochain, je parlerai à cent ou deux cents bourgadiers, qui prennent aussi cette oeuvre à coeur. J’envoie à l’évêque tous les curés qui me demandent d’arracher aux griffes huguenotes les enfants exposés.
Dites à Hippolyte qu’on dit peu à peu et non pas peut à peut, nigaud et non pas nigoz(2). Voici une lettre du Fr. Galabert. Vous me la renverrez, après l’avoir lue(3). Adieu et bon courage.
E. D’ALZON.
Je persiste à vouloir que Cusse ne soit pas encore ordonné. Il faut tirer au clair l’affaire de ses dettes(4).

