Ma chère fille,
Je pars demain de Montauban, mais je veux vous remercier de toutes les peines que vous donnent nos affaires, au milieu des tristesses que vous cause la mort de Soeur M.-Liguori. J’ai bien prié pour cette pauvre Soeur, qui je l’espère, sera bientôt au ciel, si elle n’y est pas déjà.
Je ne veux vous dire qu’un mot. Il faut beaucoup prier pour l’idée de l’union avec le P. Caussette. Je la crois désirable. Il me semble que je m’empare de lui. Il m’a accompagné ici, et j’ai eu avec lui une conversation de près de deux heures, il n’y a qu’un instant. Il est reparti pour Toulouse, et, si ce n’était que lui tout serait fait(1). Tous ses religieux viendront-ils à ses idées? C’est très possible. Il y a communauté absolue d’idées. J’ai pu lui venir en aide par quelques pensées que je lui ai développées sur le gouvernement d’une congrégation. Je crois m’être posé en homme prudent, mais pas encore en saint. C’est que je suis loin de l’être. Il me semble que mon voyage aura été très bon par le côté d’une attraction réellement utile. Ces braves gens ont trois maisons à Toulouse: un noviciat et une résidence, plus le petit séminaire; un pèlerinage de la Sainte Vierge, et la garde du tombeau de la bienheureuse Germaine, à Pibrac, dans le diocèse; plus, à Montauban, une magnifique maison, près de laquelle l’évêque(2) fait bâtir une très jolie chapelle qui contiendra 500 personnes.
Je vous le répète, il faut beaucoup prier. Le P. Picard vous dira que je vais me tenir prêt pour le mois de juillet(3). Je me permets d’engager le P. Laurent à profiter de l’épreuve que nous subissons pour entrer dans l’esprit religieux, et j’exhorte le P. Brun à se tenir prêt pour Genève.
Adieu. Je vous suis bien reconnaissant. Mais pourquoi tant le redire? Ne le savez-vous pas?

