Ma chère fille,
La lettre de M. Tourneur est très intéressante, et je vous remercie de me l’envoyer(1). Demain, jeudi(2), je vais à Rochefort, et je vais mettre bien du monde en prière, pour que l’affaire de Clichy réussisse. Je n’ai jamais entendu de ma vie une tempête, comme celle que nous avons depuis hier; c’est du vent, mais tout est emporté. C’est à croire que la maison va crouler.
J’ai parlé avec Joséphine(3). Voici ce qu’elle se propose. Elle prêtera, le 1er juillet sur hypothèques 5.000 francs pour le patronage; elle prendra pour vous 5.000 francs d’actions, pourvu que vous acceptiez un billet de 3.000 francs du P. Laurent; elle me donnera, de la main à la main, 8.000 francs, que je pourrai vous prêter pour votre construction; mais son intention est que cela serve, capital ou intérêts, pour le noviciat. Elle m’aurait donné 12.000 francs. J’ai préféré qu’elle ne m’en remît que 8.000 et qu’elle vous prît des actions. Si vous croyez la seconde combinaison préférable, elle s’y prêtera, mais elle ne prendra pas d’actions.
Le P. Laurent m’écrit que la Visitation n’offre de Clichy que 250.000 francs. Avec quoi paierait-il les 100.000 francs, qu’il resterait à devoir?(4). Vous avez dû voir l’abbé Mermillod, rappelez-lui la retraite qu’il m’a promise pour le mois de janvier. Si vous allez en Angleterre, voudriez-vous m’en rapporter le livre sur Le Saint-Sacrement et les Progrès de la vie spirituelle de Faber, et ce qui aura paru de remarquable en fait de controverse, depuis le 1er janvier? Joséphine me paiera tout cela.
Je suis de plus en plus convaincu que le P. Caussette souhaite un rapprochement; je ne le désire pas moins que lui.
Adieu, ma fille, et tout vôtre en Notre-Seigneur.

