Mon cher enfant,
Faites comme vous l’entendrez pour votre retour en France. Si vous ne partez pas avec de Grolée(2), partez quand M. Chaillot le trouvera bon. Nous n’aurons besoin de vous que vers le 1er octobre. Ce sera du 1er oct[obre] au 1er janvier que je compte vous employer. Après cela, je vous rendrai à votre liberté et à M. Chaillot, mais à condition qu’il m’en saura gré(3).
Le gouvernement est vexé du retard apporté à l’expédition de la bulle sur les Facultés de théologie. Je suis convaincu qu’avec la disposition actuelle des esprits cette bulle ferait plus de mal que de bien. Ce qu’on en peut espérer de mieux, c’est qu’elle aura un résultat complètement nul(4). Tâchez de savoir ce que l’on a pensé, à Rome, des articles de Dom Guéranger sur Marie d’Agréda. En France, ils ont scandalisé certaines personnes qui trou vent que Dom G[uéranger] est allé trop loin(5). Dites, de ma part, mille choses aimables à Grolée et à Camaret(6). Savez-vous que le pauvre François Roqueplane s’est fracassé le crâne et est mort au bout de quelques heures, d’une chute de cheval? C’était dans une partie de plaisir. Il avait entendu la messe le matin et a pu se confesser. Du reste, il était devenu excellent chrétien(7). Quand, pour un bref des pouvoirs d’indulgencier, on ajoute de licentia ordinarii, entend-on l’ordinaire du prêtre, ou l’ordinaire du lieu où le prêtre exerce les pouvoirs accordés? J’ai entendu des discussions là-dessus. Demandez une réponse(8).
Adieu, mon cher enfant. Priez vous-même beaucoup pour moi et croyez à toute mon affection.
E. D’ALZON. M. Chaillot vient-il en France, cette année?(9)

