Ma chère fille,
Je viens d’écrire à M. Conte, pour que ce soir il me remette la pièce que vous demandez. Chaque jour, je le talonnerai..
J’arrive de Marseille où je crois avoir fait de bonnes affaires avec les Capucins qui y prennent très bien et sont très peu Jésuites. Nous aurons par eux des enfants. Je ne puis vous rien dire de plus de Mlle Saben,je la verrai aujourd’hui. Je vais demain à Montpellier et à Cette, de là, à Lavagnac, puis à Béziers. Il faut être un peu commis voyageur, si l’on veut faire marcher la maison. Et alors, comment aller à Paris?
Je suis un peu pressé aujourd’hui. Seulement on me fait prévenir de Rome que le P. Laurent, depuis le départ du Fr. Marie-Joseph, a fait des démarches pour quitter notre Congrégation. J’ai peine à le croire, mais cependant je n’en serais pas trop surpris. Aujourd’hui, il ne veut plus du P. Brun, tandis que le P. Cusse m’écrit une lettre très bonne(1).
Adieu, ma fille. Tout vôtre en Notre-Seigneur.

