Touveneraud, LETTRES, Tome 2, p.503

29 aug 1858 Lavagnac, PERNET Etienne aa

Raisons pour lesquelles il ne peut se rendre à Paris. -Il désire plus qu’il n’espère l’abbé Loyson. -Il a chargé le P. Laurent d’écrire à Rethel. -Lui-même et le Fr. Cusse peuvent réussir à Rethel.

Informations générales
  • T2-503
  • 1086
  • Touveneraud, LETTRES, Tome 2, p.503
  • Orig.ms. ACR, AP 283; D'A., T.D. 34, n. 16, pp. 11-12.
Informations détaillées
  • 1 AUMONIER
    1 COLLEGE DE CLICHY
    1 COLLEGE DE NIMES
    1 ECONOMAT
    1 ELEVES
    1 INSTRUCTION RELIGIEUSE
    1 NOMINATIONS
    1 NOVICIAT DES ASSOMPTIONNISTES
    1 PREDICATION
    1 RELIGIEUSES DE L'ASSOMPTION
    1 REPOS
    2 BRUN, HENRI
    2 CUSSE, RENE
    2 HANNESSE, PIERRE-NAPOLEON
    2 LAURENT, CHARLES
    2 LOYSON, HYACINTHE
    2 MILLERET, MARIE-EUGENIE
    2 SAUGRAIN, HIPPOLYTE
    3 AUTEUIL
    3 CLICHY-LA-GARENNE
    3 NIMES
    3 PARIS
    3 RETHEL
    3 VERRIERES-LE-BUISSON
    3 VERSAILLES
  • AU PERE ETIENNE PERNET
  • PERNET Etienne aa
  • 29 août [18]58.
  • 29 aug 1858
  • Lavagnac,
La lettre

Cher ami,

Le courrier m’apporte à la fois deux lettres de vous. Je vais tâcher de vous répondre de mon mieux. 1° Si je ne vais pas à Paris, ne croyez pas que ce soit mauvaise volonté; mais si je crois me charger de la maison de Nîmes, il faut absolument que je m’arrange pour y faire venir des élèves. Or, de Paris, cela me serait impossible. Puis, le dernier mois que je viens de passer à Nîmes a été réellement assez fatigant pour moi, et, si je veux tenir bon l’an prochain, j’ai besoin pendant quelque temps d’un véritable repos. En troisième lieu, les affaires de Clichy ne me semblent pas assez avancées pour exiger ma présence. Enfin Rethel peut bien dans les commencements se passer de moi. Je suis disposé à vous envoyer sous peu le P. Brun. Je ne voudrais pourtant pas que ce fût avant le 20 septembre, à cause des messes que je voudrais faire dire par lui chez les Dames de l’Assomption; elles n’ont pas d’aumônier en ce moment.

Comme vous, mon cher ami, je voudrais bien que l’abbé Loyson pût nous venir, mais je le désire plus que je ne l’espère. Enfin, si je me trompe, je serai bien heureux(1). Je ne veux pas écrire à Rethel, Cela me paraît très inutile. M. Hannesse a écrit au P. Laurent, et j’ai chargé celui-ci de répondre.

Vous ferez, une fois arrivé, un peu plus de besogne, et voilà toute l’affaire. N étant pas chargé de l’économat, il me semble incontestable que vous allez vous mettre à vous bien porter. Quant au P. Brun, il fera ce qu’on voudra, et le P. Hippolyte pourra lui donner quelques conseils qu’il est tout disposé à prendre parfaitement bien. J’étais parfaitement sûr que le P. Cusse finirait par prendre son parti d’aller à Rethel et je suis convaincu qu’il s’en trouvera bien. Vous lui rendrez la séparation le plus facile possible, et, avec vous, il fera des prodiges; il n’en faut pas douter(2). Puisque vous avez de l’attrait pour la prédication, exercez-vous, mais préparez-vous(3). Il faudra faire des instructions aux enfants de Rethel; il vous faut faire des provisions.

Adieu, mon cher ami. Tout à vous du bien fond du coeur.

E. D’ALZON.

Dans quelques jours, je serai à Lamalou.

E.D'ALZON
Notes et post-scriptum
1. "L'abbé Loyson est à Auteuil en ce moment, il loge au noviciat, écrivait le P. Pernet le 25 août. Jugez si on est aimable pour lui; pour le gagner, mais sans en avoir l'air, tout le monde est à sa disposition; je l'ai amené ce matin à Clichy pour y passer la journée. Tout le monde, et le P. Laurent en particulier, l'y a accueilli avec la plus grande et la plus franche cordialité. M. Loyson n'a pas d'autre titre en ce moment que celui de simple prêtre de et dans l'Eglise catholique; c'est le titre qu'il se donne. Mme la supérieure le travaille autant qu'elle peut; elle est même allée jusqu'à lui dire que Dieu avait jusqu'à présent rendu inutiles ses essais de vie religieuse, parce qu'il voulait qu'il se fît Assomptioniste". Pourtant, le 4 septembre, le P. Pernet ajoute cette nuance: "L'abbé Loyson paraît content de nous autres par ici, mais il ne se livre guère, il est d'une réserve peu commune, son expansion ne me paraît pas suffisante pour qu'on juge de ses dispositions. Cependant, on voit qu'il cherche enfin à se fixer quelque part". De fait, l'abbé Loyson entrera chez les Carmes et deviendra le célèbre P. Hyacinthe.
2. Dans sa lettre du 31 juillet, en prévision des nominations éventuelles à Rethel, le Fr. Cusse écrivait au P. d'Alzon: "Le P. Pernet, adjoint comme professeur au P. Brun, représenterait l'esprit que nous voulons donner aux élèves, dont il sera certainement aimé. Ce serait d'ailleurs un excellent conseiller pour le P. Brun; car, à mon avis, le P. Pernet est celui de nous trois qui a le sens le plus droit".
3. "Dimanche dernier, écrivait le P. Pernet le 25 août, j'étais au village de Verrières-le-Buisson (diocèse de Versailles). C'était jour d'Exposition du T. S. Sacrement dans cette paroisse. Au nom de l'Association de Saint-François de Sales, j'y étais allé pour prêcher. J'ai débité un petit sermon en deux points le matin à la messe de paroisse; et le soir, à vêpres, il m'a fallu y ajouter une homélie sur l'évangile du dimanche. Le mérite de mes discours a été d'être court. S'ils n'ont pas fait grand bien aux auditeurs, ils m'en auront fait beaucoup à moi, en me rendant moins peureux et moins tremblant".