Ma chère fille,
Quoique ma santé, ma tête du moins, aille mille fois mieux, permettez-moi de vous conjurer de pousser jusqu’au bout l’affaire de Clichy. Ainsi, tout ce que vous y aurez décidé sera très bien décidé. Prenez, s’il en était besoin, un parti sans qu’il fût besoin de me consulter(3).
Soeur M.-Wilfrid m’écrit encore. Je pense que vous l’autorisez à ce que je puisse lui écrire directement. Peut-être ferez-vous bien, si vous croyez que je puisse lui être utile, de lui dire que vous me demandez de correspondre directement. Je crois que vous avez bien fait d’essayer [encore], mais très bien fait de la menacer.
J’approuve très fort le projet d’échange entre Reims et Rethel(4), sauf que je suis convaincu qu’à Rethel nous aurons une pépinière de vocations, d’après les détails qui nous sont donnés. Toutefois, la maison à Reims pourrait favoriser le rapprochement du P. Caussette, dont je reçois une lettre à l’instant même(5), mais songez que le meilleur terrain pour les vocations, c’est l’espèce de jeunes gens que nous aurons à Rethel.
Je suis ravi que nos religieux vous rendent quelques services. Je vais essayer de parler au P. Galabert(6). Toutefois, il nous est encore bien utile à Rome, mais provisoirement je lui ai déjà donné les pouvoirs pour vos filles. Je vais partir pour passer quelques jours chez moi. Priez que le P. Caussette nous arrive. Il nous promet une visite en novembre. Vous le verrez pendant le carême qu’il prêche à Saint-Thomas d’Aquin.
Adieu, ma fille. Tout vôtre. Je vous renvoie la lettre de Soeur M. -Wilfrid.

