Mon cher ami,
Permettez-moi de vous prier de dire au P. Picard toute ma surprise sur ce que je ne reçois rien de lui. Vous me dites qu’il est arrivé à Paris, sans m’en apprendre le motif, ce que vous auriez pu faire(1). Hier, le P. Cusse m’apprend qu’il va demander au card[inal] Gousset de renvoyer tous les prêtres du collège, et le P. Cusse ajoute: « Le plus simple serait que, puisque vous nous avez mis dans le guêpier, vous nous en retiriez »(2). A part ce qu’a de plus ou moins convenable cette façon de parler, je trouve que le P. Cusse a proposé, depuis trop peu de temps, de nous quitter pour qu’il ait voix au conseil, et je trouve très imprudent au P. Picard de se laisser influencer par lui. Peut-être je me trompe. Mais pourquoi lui laisser le soin de m’apprendre ce qui se passe? Est-il en état, avec son caractère aigri, de voir les choses d’une manière calme? Quitter Rethel après votre retraite de Saint-Fr[ançois] de Sales me semble le comble de l’imprudence. Le P. Picard, je l’espère, procédera autrement. Mais pourquoi ne pas m’en dire un mot? Je vous avoue que je suis un peu confondu de cette manière de procéder. Je ne sais si le P. Picard est à Auteuil ou à Clichy. C’est pour cela que je vous adresse ces observations(3). S’il est retourné à Rethel, veuillez lui adresser ma lettre.

