Cher ami,
Je regrette le prolongement de séjour du P. Galabert(2). Il est nécessaire ici et le noviciat se ressentira de son absence. Ce n’est pas en prenant les habitudes du P. Brun, qui jamais n’est arrivé quelque part au jour marqué, qu’on établira la régularité et l’obéissance. Si, au lieu de suivre leur pente à la raideur, les religieux de Rethel eussent traîné doucement, comme on le leur ordonnait, nous n’en serions pas à l’humiliation que subit en ce moment la Congrégation. Car, on a beau dire, ils ont tant qu’on voudra toutes les raisons du monde, ils ont eu le tort de laisser tourner les choses de façon à ce qu’on les renvoyât. De grâce, prenons un peu plus l’esprit religieux qui suit l’impulsion donnée. Au-dessus du plaisir de se revoir, il y a les nécessités de la règle et de la position. Nous avons besoin de nous remonter. Je plains de tout mon coeur les Pères qui ont eu tant à souffrir, mais la vie du religieux est une longue souffrance, jusqu’à ce que vienne l’heure du repos.
Adieu, cher fils. Croyez-moi, faites partir le P. Galabert, au plus tard mardi soir, et que je puisse l’avoir mercredi.
E. D’ALZON.
Les détails que vous me donnez sur Saint-François de Sales ne sont pas si tristes que vous dites. On voit que vous n’y avez pas si mal fait. Peut-être Mgr de Ségur regrette-t-il sa première idée. Mais tant pis pour lui! Adieu.
Père Hippolyte.

