Votre bonne petite lettre m’a fait le plus grand plaisir. Je crois bien que vous viendrez passer l’hiver ici, et j’en suis ravi. Votre père cherche, je crois, un appartement. Au moins Mme de Mérignargues me l’a-t-elle dit l’autre jour. Communiez, et communiez très souvent, je vous y engage. Aussi profitez des fêtes qui se présentent pour faire, dans la semaine, une communion de plus. Si Monsieur votre père exige que vous alliez dans le monde, eh bien! vous irez. Il ne faut pas s’effrayer d’un acte de pure obéissance. Pour moi, je suis convaincu que cette petite épreuve, si elle vous est imposée, vous fera beaucoup de bien et ne vous empêchera pas le moins du monde d’être une petite épouse de Notre-Seigneur, bien chère à son coeur. Vous avez bien raison de trouver que le bon Maître est trop bon envers nous. Mais, que voulez-vous? Il sait bien le néant d’où il nous a tirés. Laissons-le faire. Il nous sanctifiera par les moyens qu’il sait(1). Je vous parle peu aujourd’hui, parce que je vous attends bientôt.
Adieu, ma chère enfant. Je ne puis vous dire quelle joie j’éprouve en pensant que je pourrai vous faire un peu de bien.
Tout à vous, chère petite, avec un grand désir de vous voir.
E. D’ALZON.
Thérèse.

