OEUVRES SPIRITUELLES EDITEES|MEDITATIONS SUR LA PERFECTION RELIGIEUSE|MEDITATIONS SUR NOTRE-SEIGNEUR DANS L’EUCHARISTIE

OEUVRES SPIRITUELLES EDITEES|MEDITATIONS SUR LA PERFECTION RELIGIEUSE|MEDITATIONS SUR NOTRE-SEIGNEUR DANS L’EUCHARISTIE
JESUS MEDECIN DE NOS AMES
Méditations sur la perfection religieuse pour les Augustins de l’Assomption. Paris, 1925, I, p. 523-525.
BH 5

1875

Domine, ecce quem amas infirmatur (1)

Tel fut le message envoyé par Marthe et Marie au divin Sauveur: Voilà que celui que vous aimez est malade.

Jésus hésite, attend sa mort et va à Béthanie quand Lazare a rendu le dernier soupir. Examinons: 1° ce qu’est Jésus ressuscitant Lazare: un médecin dévoué, intelligent, tout- puissant; [2° dans quelles dispositions nous devons aller à lui].

I. Ce qu’est Jésus ressuscitant Lazare.

1° Jésus médecin dévoué. -Les soeurs du malade n’hésitent pas un instant à le faire appeler: voilà que celui que vous aimez est malade. Il faut aller à Jésus malgré tout, parce qu’on sait l’affection qu’il porte à ceux qu’il va visiter. Ah! quelle folie que de ne pas profiter d’un pareil dévouement!

2° Jésus médecin intelligent. -Qui, mieux que lui, connaît et nos maux et leurs remèdes? C’est par lui que tout a été fait, nos sens, nos âmes, nos coeurs, nos intelligences, nos volontés. Il en sait toutes les faiblesses et les défaillances. Il a préparé lui-même le remède sur la croix, et ce remède les renferme tous. Il suffit que nous lui demandions de l’appliquer. S’il tarde un moment, c’est qu’il a ses desseins.

3° Jésus médecin tout-puissant. -Celui qui a fait l’homme peut le guérir, celui qui l’a condamné à la mort peut le rappeler à la vie, et pour nous la rendre il consent à mourir lui- même. Allons à ce médecin céleste. Mais dans quelles dispositions?

II. Nous devons aller à Jésus avec confiance, franchise, obéissance.

1° Avec confiance. -Oui, il nous aime. Oui, nous aussi, nous pouvons lui dire: Domine, ecce quem amas infirmatur, et c’est pourquoi, quand il vient nous visiter, nous devons aller à lui dans une confiance absolue. Le médecin en qui l’on n’a pas confiance perd son influence morale et n’agit plus avec la même liberté d’action dont il a besoin pour

faire du bien.

2° Avec franchise. -Ah! c’est là le difficile! Si nous n’avions qu’à lui parler, à lui, peut-être nous y résignerions-nous. Mais cette franchise, il en veut des preuves [extérieures] pour venir à nous avec efficacité; cette franchise, il veut que nous l’ayons pour ses représentants, pour notre confesseur qui, au tribunal de la pénitence, tient sa place.

3° Avec obéissance. -S’il a le pouvoir de guérir, il faut accepter les remèdes qu’il impose: les retranchements, les séparations, les sacrifices, la pénitence, les précautions; les remèdes qui guérissent le mal.

Ah! qu’il est vrai que je ne veux pas obéir!

Seigneur, donnez-moi confiance, franchise et obéissance.

1. Ioan. XI, 3.778