OEUVRES SPIRITUELLES EDITEES|MEDITATIONS SUR LA PERFECTION RELIGIEUSE|II. MEDITATIONS POUR RETRAITES. APPENDICE

Informations générales
  • OEUVRES SPIRITUELLES EDITEES|MEDITATIONS SUR LA PERFECTION RELIGIEUSE|II. MEDITATIONS POUR RETRAITES. APPENDICE
  • DE LA HAINE
    [Ia - IIae, q. XXIX.]
  • Méditations sur la perfection religieuse pour les Augustins de l'Assomption. Paris, 1927, II, p. 380-381.
  • BH 5
Informations détaillées
  • 1 BONTE MORALE
    1 HAINE
    1 HAINE ENVERS LA VERITE
    1 LUTTE CONTRE LE PECHE
    1 MAL MORAL
  • 1875
La lettre

I. -La haine, qui correspond à la puissance de répulsion qui est en moi, a pour objet le mal. Je ne puis haïr que le mal ou ce qui me semble mal. Seulement, quelles illusions ne me suis-je pas faites bien souvent à cet égard? Je prenais pour mon bien et j’aimais ce que j’aurais dû poursuivre de ma haine, et je n’aimais pas mon bien véritable.

O Dieu, faites que je n’aime que vous, que je n’aime rien que pour vous, et que je poursuive de toute la haine dont je suis capable mon véritable mal qui est le péché. [W. XXIX, a. 1.]

II. -La haine est formée par l’amour. En effet, si j’aime, je dois haïr tout ce qui s’oppose à mon union avec l’objet aimé. Voilà pourquoi le pécheur déteste quelquefois le vrai bien, la loi de Dieu qui s’oppose à l’assouvissement de ses passions.

Combien de fois ne me suis-je pas laissé entraîner vers le mal, et ma haine pour le bien en devenait plus grande. Il faut que je stabilise l’ordre en moi, que j’aime mon vrai bien qui est Dieu et que, dans mon amour pour ce vrai et unique bien, je puise ma haine pour mon unique mal, qui est le péché. [Q. XXIX, a. 2.]

III. -Personne ne peut haïr la vérité pour la vérité elle-même; mais combien la détestent parce qu’elle condamne. Et ici quel terrible examen ne dois-je pas faire de la manière dont j’ai pris la vérité pour règle de ma conduite, et de la manière dont j’ai cherché à la tordre et à la fausser, quand elle contrariait mes intérêts ou mes passions! Si je jette un regard sur ma vie passée et que j’étudie mes mensonges, mes faussetés, mes dissimulations, j’en suis épouvanté.

Ah! quand offrirai-je à la vérité cette réparation de confesser mon hypocrisie? Quel spectacle! Et quand l’humiliation qu’il me causera me fera-t-elle rentrer dans la vérité et dans l’amour de Celui qui est la vérité même? [Q. XXIX, a. 5.]

Notes et post-scriptum