OEUVRES SPIRITUELLES EDITEES|MEDITATIONS SUR LA PERFECTION RELIGIEUSE|II. MEDITATIONS POUR RETRAITES. APPENDICE

Informations générales
  • OEUVRES SPIRITUELLES EDITEES|MEDITATIONS SUR LA PERFECTION RELIGIEUSE|II. MEDITATIONS POUR RETRAITES. APPENDICE
  • ENCORE DE LA DELECTATION
    [SES CAUSES, Ia - IIae, Q. XXXII. SES EFFETS, q. XXXIII. SA MORALITE, q. XXXIV.]
  • Méditations sur la perfection religieuse pour les Augustins de l'Assomption. Paris, 1927, II, p. 384-386.
  • BH 5
Informations détaillées
  • 1 ACTES HUMAINS
    1 AMOUR DES AISES
    1 BIEN SUPREME
    1 BONTE MORALE
    1 CIEL
    1 DESIR
    1 POSSESSION DE DIEU
    1 SENSATION DE PLAISIR
    1 THOMAS D'AQUIN
  • 1875
La lettre

I. -La délectation vient d’une foule de causes: de l’acte par lequel nous connaissons l’objet aimé; d’un certain mouvement qui nous y pousse; du changement; des souvenirs; des espérances, etc.(1).

En tout cela il y a des causes naturelles et légitimes; il y en a qui peuvent être pour moi une source de fautes.

Je suis obligé d’examiner en quoi je me complais, ne fût-ce que dans d’inutiles imaginations. [Q. XXXII, a. 1, 2, 3.]

II. -La délectation dilate l’âme par la possession de l’objet désiré et dont on jouit.

Elle accroît aussi les désirs: plus on jouit du bien désiré, plus on veut le posséder.

Mais les diverses sources de délectation produisent des effets divers. Les délectations conformes à la raison accroissent l’usage de cette puissance. Celles, au contraire, qui viennent du corps gênent la raison, l’embarrassent et l’enchaînent.

A moi de voir vers quelles délectations je penche le plus.

En effet, à proprement parler, Dieu a mis la délectation comme terme de mes actes. Je suis fait pour le bonheur par la possession du bien infini, et mon bonheur consistera dans la délectation de ce bien infini possédé. Mon malheur est de rechercher d’autres délectations qui me font oublier cette délectation suprême.

Encore une fois, mon Dieu, que je ne me délecte jamais qu’en vous. [Q. XXXIII, a. 1, 2, 3, 4.]

III. -Concluons et disons que toutes les délectations ne sont pas mauvaises, puisque Dieu en a établi de conformes à la nature.

Toutes ne sont pas bonnes, puisque nous les avons viciées par nos mauvais désirs et par le mauvais usage que nous en avons fait.

Mais il y a une délectation suprême vers laquelle nous devons tendre par toutes nos aspirations; elle est ici-bas l’objet de notre espérance; elle en sera au ciel l’apaisement.

En vue de ce résultat nous devons sacrifier toutes nos délectations mauvaises corporelles quand elles affaiblissent la raison, inutiles ou dangereuses. [Q. XXXIV, a. I, 3.]

Notes et post-scriptum
1. Saint Thomas examine encore, comme causes de la délectation, en cette question XXXII, la tristesse (art. 4), les actions des autres (art. 5), les actes de bienfaisance (art. 6), la ressemblance (art. 7), l'admiration (art. 8).