Porter la foi avec hardiesse.

Mon troisième conseil vous invite à secouer une certaine prudence, refuge trop souvent d’une paresse honteuse d’elle-même. On se dit prudent, parce qu’on n’ose pas; mais c’est plus que jamais l’heure de répéter le mot de Bossuet: ‘La foi est hardie‘. Ayons donc les hardiesses de la foi; peu importe qu’on l’appelle témérité. La vraie prudence est la reine des vertus morales: mais une reine commande, agit, et, au besoin, combat. Certains en ont fait une femme vieillie par la peur; cette prudence, elle a des pantoufles et une robe de chambre, elle est enrhumée et elle tousse beaucoup. Prudence de convention, je n’en veux pas; ce n’est pas là cette prudence que vous devez écouter. Pour moi, j’aimerai toujours à me confier éperdument en la providence de Dieu, dussè-je, délaissé de tous, aller mourir à l’hôpital!