Un jour, en 1848, M. le pasteur Coquerel père raconta, dans les couloirs de l’Assemblée Nationale dont il faisait partie, une histoire où il venait d’être le principal acteur. Figurez-vous, me disait-il, qu’un jeune catholique, voulant épouser une juive, ni le curé ni le rabbin n’ont voulu les marier pour cause d’antipathie de culte. Ils sont venus me trouver piteusement. Oh! leur ai-je dit, je n’ai pas de ces scrupules-là; au nom de la charité, venez que je vous bénisse. Et je les ai mariés. Tout le protestantisme libéral est dans ce trait. Soyez catholique, protestant, juif, musulman, païen, pourvu que vous soyez un honnête homme et que vous ayez la charité, qu’importe le reste? Il y a bien quelque difficulté pour le juif qui déteste Jésus-Christ; mais le protestant Coquerel, ayant arrangé tout cela avec le mariage bénit par lui, pourquoi plus de sévérité? Il faut être plus large, M. Cazaux l’affirmait! M. Viguié, dans son heureuse description du jugement dernier, le confirme! M. le proviseur Joubin, censé catholique, avec sa couronne d’immortelles, ne viendra pas l’infirmer, et ce ne sera pas seulement tolérance, mais justice au nom d’égalité, parole du protestant Midi!
Cas de conscience pour mariages mixtes.

