Saints Joachim et Anne.

Vous vouliez, ma chère fille, quelques paroles pour l’Assomption, vous les aurez pour la Nativité. J’espère que cela reviendra au même. Cela même vaudra-t-il mieux. Vous n’êtes pas au terme de votre carrière, où vous aurez sans doute à contempler la Sainte Vierge montant au ciel et à vous accrocher à un pan de son manteau pour l’y suivre; mais vous pouvez toujours vous considérer comme une très petite fille, à peine née à la vie religieuse et ayant besoin d’y grandir. J’estime que les confesseurs de religieuses devraient avoir grande dévotion à saint Joachim, qui a élevé la plus parfaite des créatures; seulement les pauvres directeurs ont un peu plus à faire que le mari de sainte Anne, la Sainte Vierge étant si parfaite, et les religieuses, certaines du moins, l’étant si peu. Aussi je crois qu’il est temps, à cause des grandes facilités qu’il a eues, de le prier beaucoup au ciel pour les pauvres prétendantes à la perfection et pour ceux qui ont la charge de les y façonner. Bref, renaissez avec la Sainte Vierge. Si vous ne lui avez pas fait une neuvaine avant cette fête, faites-la lui après; demandez-lui à devenir bonne petite fille, comme le bébé que Marie va donner à Amédée.